Le chiffrement : le cadenas du navigateur et l’astuce de César

Pourquoi WhatsApp et le cadenas du navigateur te protègent, ce que veut dire « de bout en bout », et comment chiffrer et casser toi-même un message avec l’astuce de César.
Qui lit en même temps ?
Chaque message que tu envoies passe par des dizaines d’ordinateurs inconnus : ton Wi-Fi, le routeur du café, le fournisseur, des serveurs quelque part dans le monde. Sans chiffrement, chacun d’eux pourrait le lire, comme une carte postale.
Le chiffrement transforme ton texte (le texte en clair) en un texte chiffré illisible. Seul celui qui a la bonne clé peut le rendre de nouveau lisible.
Coder, ce n’est pas chiffrer. Un QR code ou du morse, n’importe qui peut le retraduire s’il connaît la règle. Le chiffrement a en plus besoin d’une clé que seules les bonnes personnes possèdent.
Deux sortes que tu utilises tous les jours
Chiffrement du transport : le cadenas dans le navigateur (le « https »). Entre ton téléphone et le site, personne ne peut lire, même pas sur un Wi-Fi ouvert. Mais : l’exploitant du site voit tout ce que tu y saisis.
Chiffrement de bout en bout : WhatsApp, Signal, Threema. Le message est chiffré sur ton téléphone et n’est déchiffré que sur le téléphone de la destinataire. Même le fournisseur ne peut pas le lire.
Pas de cadenas dans le navigateur, ou le navigateur te met en garde contre le site ? Alors n’y saisis jamais de mot de passe ni de coordonnées bancaires. Peu importe à quel point le site a l’air vrai.
L’astuce de César
Jules César chiffrait déjà ses messages : chaque lettre est décalée dans l’alphabet d’un nombre fixe. La clé, c’est ce nombre.
Avec la clé 3, A devient D, B devient E, S devient V :
Texte en clair : S A L U T
Texte chiffré : V D O X W
Essaie : chiffre ton prénom avec la clé 3. Arrivé au bout de l’alphabet, on recommence au début : X devient A.
Pourquoi César ne vaut plus rien aujourd’hui
Il n’y a que 25 clés possibles. Un attaquant les essaie toutes, tout simplement. On appelle ça la force brute : pas malin, mais rapide. Un ordinateur y arrive en moins d’une seconde.
C’est encore plus rapide avec l’analyse de fréquence : en français, le E est la lettre la plus fréquente. La lettre la plus fréquente du texte chiffré est donc très probablement le E décalé, et la clé est trouvée.
C’est exactement ce qui arrive aussi avec les mots de passe courts : un ordinateur essaie toutes les possibilités. Plus il y a de clés possibles, plus ça prend de temps. C’est pour ça que les mots de passe longs et le chiffrement moderne, avec des clés de plusieurs centaines de chiffres, l’emportent.
Tu interceptes le texte chiffré **VHFUHW**. Tu sais que c’est César avec la clé 3. Qu’est-ce qui est écrit ?
Recule chaque lettre de trois places : V→S, H→E, F→C, U→R, H→E, W→T. Celui qui connaît la clé peut lire.
Qu’est-ce qui est vrai ?
Plusieurs réponses peuvent être justes.
Le cadenas protège le trajet, pas le site. Le chiffrement de bout en bout protège jusqu’au destinataire. Coder sans clé, ce n’est pas chiffrer, et 25 clés s’essaient en quelques secondes.
Où rencontres-tu le chiffrement au quotidien ? Un mot suffit.